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 ( danse macabre )

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Lise



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Date d'inscription : 31/12/2015

MessageSujet: ( danse macabre )   Jeu 11 Fév - 1:30

danse macabre

Il était épuisé. Après avoir passé presque toute la journée, et toute la soirée, au théâtre pour répéter, Alexis était content de rentrer. Le jeune homme avait un rôle plutôt important dans le ballet qu’ils montaient, avec la troupe de l’Opéra Garnier. Il était monté d’un échelon, et c’était sa première représentation, depuis. Le spectacle devait se jouer dans une semaine et les répétitions étaient de plus en plus longues et difficile. Gael aussi travaillait beaucoup, les décors devaient être terminés pour les répétitions, afin que les danseurs s’habituent à l’univers dans lequel ils devraient évoluer.

Dans les vestiaires, Alexis attrapa son téléphone alors qu’il n’avait retiré qu’un chausson et ouvrit le message de Gael. « Je t’attends pas, j’ai entendu une danseuse dire que vous en auriez encore pour longtemps. Je serai à l’appart’. » Il avait hâte de le retrouver, et de pouvoir se blottir contre lui pour capter sa chaleur, toute la nuit. Alexis répondit aussi vite. « J’ai terminé, je me change et je sors ! » Il déposa alors son téléphone sur le banc, à côté de lui, et retira son second chausson, puis les pansements qu’il mettait autour de ses pieds pour les protéger. Il retira ensuite ses vêtements de danse, et enfile un jean que Gael trouvait « trop serré » et un pull. Il s’enroula dans son écharpe, et enfila sa veste avant de prendre son sac. C’était aussi un sac que son frère n’aimait pas spécialement, mais Alexis et Gael étaient foncièrement différent. Alexis était bien plus… Précieux. Son sac, c’était un large sac à main en faux cuir noir. Il avait fourré toutes ses affaires dedans, et récupéra son téléphone. « Sois prudent. » Gael tout craché. Alexis sourit et ne pris pas la peine de répondre au message, il glissa son téléphone dans la poche de sa veste et sortit du théâtre avec quelques amis. Comme toujours, Alexis rentrait à pied, à cette heure. Un taxi lui aurait coûté bien trop cher, en plein cœur de Paris, et Gael et lui ne pouvaient pas encore se le permettre. Pas encore, car Alexis avait la tête pleine de rêves. Son frère avait fait des sacrifices, pour lui, pour qu’il puisse avoir sa formation de danseur malgré tout ce qui leur était arrivé. Il ne l’oubliait pas, il voulait que ça paie. Le jeune homme voulait offrir à son autre une vie digne de tout le travail qu’il avait déjà abattu en quelques années. Quelque part, il se sentait aussi redevable, même si il savait que Gael ne demandait rien d’autre que lui que de l’aimer.

Seul, dans les rues d’un quartier peu recommandable, Alexis était étrangement inconscient. Il écoutait de la musique, sur son téléphone, et avait les écouteurs enfoncés dans ses oreilles. Il ne faisait rien de ce que Gael voulait qu’il fasse, quand il rentrait si tard. Il empruntait des rues mal éclairées, uniquement parce que c’étaient des raccourcis. Il ne regardait pas vraiment autour de lui. Alexis avait la fâcheuse tendance à marcher le nez en l’air. L’air un peu rêveur, trop candide, il voyageait de milles et une façon et ses pieds étaient libres de retrouver leur chemin seuls. Aussi, le jeune danseur ne les entendit même pas. Des quolibets lancés à son attention, par une bandes d’hommes qu’il ne connaissait évidemment pas. Ce ne fut qu’à la pause entre deux chansons qu’Alexis entendit une bribe de phrase. Alors le danseur se retourna, il retira du même coup un écouteur de son oreille et son regard se posa sur les deux hommes. « Excusez-moi ? » Gael l’aurait tué, d’ouvrir sa bouche dans un tel contexte.

Alexis ne sut pas réellement comment il rentra chez eux. Les doigts encore tremblant, les yeux embués de larmes qu’il ne voulait pas laisser couler tout de suite, le danseur essayait de faire rentrer sa clé dans la serrure. Il n’y arriva pas les deux premières fois, et dû prendre une grande inspiration avant de recommencer. Tout son corps tremblait, comme si il avait froid. Il avait le sentiment de toujours sentir les mains qui l’empêchaient de bouger et de se défendre. Deux contre un, il n’avait rien su faire. Il aurait préféré qu’on lui vole tout ce qu’il avait, mais ils n’avaient pas daignés prendre quoi que ce soit d’autre que sa dignité et tout ce qu’il avait de plus précieux. N’avait été qu’à Gael, c’était désormais souillé, bafoué à vie.

La clé trouva finalement son chemin dans la serrure et il la tourna pour ouvrir la porte. Il ne fit aucun bruit. La porte se referma doucement, il laissa glisser son sac sur le sol du hall, et se rendit immédiatement dans la salle de bain. Le verrou, lui, fit plus de bruit, quand il l’actionna. Alexis entendit alors des bruits de pas, au loin. « Alex ? » Il ne répondit pas. Ses doigts tremblaient encore, tandis qu’il retirait ses vêtements. Il voulait les brûler, il voulait les broyer, les jeter par la fenêtre, il ne voulait plus jamais les voir. Gael toqua contre la porte. « Alexis ? Répond moi, qu’est-ce que tu fous ?! » Alexis sentait l’inquiétude grandir dans la voix de son jumeau. Il ne voulait pas lui parler, il ne voulait pas le voir non plus. En cet instant, Alexis regrettait d’habiter avec lui. Il aurait préféré rentrer se cacher dans son propre appartement, passer la nuit sous l’eau chaude, jusqu’à ce qu’elle devienne froide. Ce n’était même pas une question de confiance : Alexis savait que son frère le réconforterait, qu’il l’aiderait comme il le pouvait. Il savait qu’il pouvait faire pleinement confiance en Gael mais… Il ne se sentait plus digne de lui. Il avait le sentiment qu’il était brisé, qu’on l’avait détruit de l’intérieur.

Le danseur tendit le bras pour allumer l’eau, sous la douche, et la laissa couler, tandis qu’il posa son regard sur son reflet, dans le miroir. Il avait une sale mine. Quand son regard se posa sur les hématomes formés sur ses joues, il se rappela la violence avec laquelle l’un des deux hommes avait attrapé son visage. Et pressé pour le forcer à ouvrir la mâchoire. Il fut pris d’une violente nausée et s’accrocha au rebord de l’évier, tout son corps tremblait de plus belle et son estomac n’avait plus rien à rendre. Il avait déjà été pris de cette nausée directement après que ça soit arrivé. Le brun avait les jointures sanguinolentes, d’avoir essayé de frapper pour se défendre. D’avoir été plaqué contre un mur, les mains au dessus de sa tête. La scène revint de manière trop vive dans son esprit. Il voulait fermer les yeux, pour oublier, mais c’était pire. Alors il les gardait ouvert, son souffle se perdait lentement. Les larmes commencèrent à couler mais il ne voulait pas que Gael l’entende. « Hey, Alex ? Ca va ? » Il sentait son inquiétude, grandir, encore, à travers la porte, mais il n’arrivait pas à répondre. Alexis alla se réfugier sous la douche. Et il commença à pleurer pour de bon. Son front heurta le mur froid, tandis que l’eau coulait sur son dos. Le danseur se sentait sale, il ne s’était jamais sentit aussi sale de toute sa vie. Après quelques minutes, il entendit Gael. « Tu vas utiliser toute l’eau pour le mois, Alex ! Sort de là ! » Encore une fois, il ne répondit pas à son jumeau. Il voulait que Gael aille se coucher. Il ne voulait pas le voir, il avait honte d’être devenu cet être. Gael ne laissait personne le toucher, il se gardait pour lui et Alexis n’avait pas été capable de laisser des inconnus le toucher. Il attrapa le gel douche, et se savonna. Une fois. Deux fois. Trois fois. Frénétiquement. Sa peau en devint rouge, il avait le sentiment qu’il allait passer au travers de sa première couche d’épiderme mais il continuait de frotter, les larmes glissaient sur ses joues et il laissa même échapper une courte plainte quand il se brûla la peau du bras, à force de trop frotter. Il vida à moitié le flacon avant de se rendre compte que c’était inutile.

Alors il arrêta l’eau. Ses larmes s’étaient depuis longtemps confondues avec les gouttes qui glissaient sur ses joues et son menton, pour aller s’écraser à ses pieds. Il ne pleurait plus, en fait, depuis quelques minutes. Il n’entendait plus Gael, non plus. Le brun sortit de la douche et se sécha. Il était hors de question qu’il ré-enfile ses vêtements, alors il sortit comme ça de la salle de bain. Enveloppé dans une serviette immense, il cachait tout son corps. A son double, même. Il ne voulait plus être touché, plus être vu et regardé. « Mais qu’est-ce que tu f… » Gael s’approcha, il n’avait même pas besoin de lui demander : il le voyait, ça n’allait pas. Jamais Alexis n’avait caché son corps de lui. Il était même moins pudique que lui, pour tout. Que ce soit avec ses sentiments, ou son corps. Gael ne le reconnaissait pas. Alexis avait une expression qu’il ne lui avait jamais vu, et il évitait son regard. Comme un animal blessé, qui sait qu’il a fait une bêtise. « Alex… » Il s’approcha encore, ouvrit les bras, et Alexis recula vivement. « Ca va. » Mensonge, et sa voix se brisa au milieu de sa phrase. Ne me touche pas, voulait-il ajouter. Ne me touche, plus jamais. Il voulait le lui dire, le lui demander ou ordonner même mais ces mots là, terribles et irréversibles, ne franchir par la barrière de sa gorge. Le sont y mourut, sa bouche était inutilement entr’ouverte. Le regard du danseur était posé sur la télévision éteinte, derrière Gael. Le salon était plongé dans une sorte de demie pénombre. Seulement éclairé par la lumière venant de la chambre, et par un lampadaire qui se trouvait un peu plus bas, en dessous de leur fenêtre. « Dis moi. » Un souffle, qui se voulait rassurant, qu’il aurait en temps normal exhalé contre sa peau, pendant qu’Alexis se réfugiait entre ses bras. Alexis voulait lui dire, il aurait voulu en avoir la force. Mais il ne pouvait même pas le regarder, et inconsciemment il ressera un peu plus la serviette autour de lui. Le plus jeune décida alors de continuer à mentir, parce qu’il ne pouvait pas le dire. Le dire, c’était accepter que c’était arrivé. C’était s’exposer, montrer ses blessures, béantes, à son autre. C’était prendre le risque que Gael s’énerve, qu’il réagisse mal.
« Ca va, Gael. » Alors il devait mentir. Il leva son regard, le posa dans leur miroir. Mélange d’ambre, de chocolat et de noisette. Qui brillait de milles éclats, dans les yeux de son autre. Qui ne brillait plus du tout, dans ceux d’Alexis. « Alexis, dis moi. » Gael s’approcha encore, Alexis le laissa faire. Parce qu’il ne pouvait pas faire autrement. Parce qu’il était incroyablement faible et probablement plus encore en cet instant. Parce que Gael ne le lâchait pas des yeux, qu’il l’avait accroché, et qu’Alexis ne pouvait pas se défaire de son regard. Il y trouva un peu de réconfort, et tandis que Gael s’approchait, d’autres larmes vinrent mouiller ses joues. Les traitresses n’attendirent pas la permissions, elle coulèrent toutes seules, le long de ses joues, avant d’aller s’écraser contre sa serviette, qu’il tenait autour de lui. Gael vit les bleus sur les joues de son frère, il vit ses jointures, celle de la main qui tenait la serviette, et il ne posa pas plus de question. Pas encore. Il se contenta d’essayer de l’approcher, encore, et Alexis se laissa faire. Il laissa Gael enrouler ses bras autour de lui, même si il ne put refreiner un léger sursaut. Gael le prit contre lui, il glisse ses doigts contre son crâne humide et lui fit glisser son visage contre son cou.

L’histoire ne sortit pas entièrement d’un coup. Gael dut en deviner la plus grosse partie. Quand Alexis refusait qu’il le touche, il comprit plus que ce que le plus jeune ne voulait bien dire. Les quelques mots qu’il lâcha au fil de la nuit et de la journée qui suivit suffirent à prouver à Gael qu’il avait raison. La rage l’envahissait de plus en plus, sourde, comme un animal tapi dans le noir, prêt à bondir, mais il ne l’exprima pas en présence de son frère.
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MessageSujet: Re: ( danse macabre )   Jeu 11 Fév - 11:38

Les nuits étaient affreusement longues. Alexis refusait de se coller à Gael. Il refusait que son corps touche celui d’une autre personne. Depuis des jours, il ne l’avait plus embrassé. Il ne l’avait plus touché, il n’avait qu’accepter l’étreinte que Gael lui avait donné, le soir-même ou… Alexis serra les dents et se retourna dans le lit. Ils dormaient à deux, ils n’avaient même pas d’autre lit tellement ça aurait été inutile. Mais le lit était assez grand pour eux deux. La respiration de Gael changea juste assez pour qu’Alexis sache qu’il était réveillé. Mais il ne dit rien, le brun s’emmitoufla sous la couette, la rabattant sur sa tête et ferma les yeux. Et encore, des flash de cette nuit dansèrent derrière ses paupières closes. Alexis se recroquevilla sur lui-même, il ne supportait plus la torture de son esprit. Il avait besoin d’être apaisé, pour pouvoir dormir. Mais dès qu’il s’approchait trop d’un autre corps, Alexis sentait les mains froides et violentes de ses assaillants sur son corps. Il eut un frisson. Un autre touché lui manquait, des mains qu’il avait toujours eu sur lui. Des mains qui étaient devenues rugueuses, avec le temps, mais qui le calmait. Elles étaient douces sur sa peau, elles ne le brusquaient jamais. Et le sentiment de manque gonfla dans tout son corps alors qu’il débâtait avec son esprit blessé et son corps meurtri pour savoir si il voulait encore avoir ces mains sur lui.

Il les voulait, il en avait terriblement besoin. Alexis bougea un peu, ses pieds se débarassèrent de l’amas de couverture qui séparait son corps de celui de son double. Sans un mot, son bras se posa sur le torse de Gael. Puis son corps suivit, lentement, avec hésitation. Gael le laissa venir, il le sentit hésiter aussi et puis, finalement, glisser une main sur son bras. Ses doigts remontèrent à l’épaule du danseur, et il l’attira doucement à lui. Il le mettait en confiance, il prenait milles précautions. Alexis s’approcha, il glissa sa jambe entre celles de son frère, et son corps à moitié sur le sien. L’autre main de Gael trouva sa place dans son dos, appuya doucement sur ce point que seul son autre connaissait. Alexis soupira dans son cou. Après un temps qui semblait interminable, il posa un baiser, là. Sur la peau chaude de son autre, sa moitié d’âme qui l’aidait tellement, depuis qu’ils étaient nés. Gael glissait ses doigts sur son bras, jusqu’à son poignet, avant de les remonter jusqu’à son épaule. Doucement, en l’effleurant à peine. Le souffle du plus jeune se fit plus calme, plus détendu, et Gael continua. Au bout d’un autre long moment, Alexis leva la tête pour regarder son jumeau. Gael arrêta net le mouvement de ses doigts, quelque part sur son avant-bras. Alexis plongea dans son regard, il hésitait, encore. Il le voulait, mais il ne savait plus si Gael le voulait vraiment. Si il le voulait vraiment comme ça, sali, souillé de l’intérieur. Et comme toujours, Gael comprit. Il glissa ses doigts sur la joue de son jumeau, les laissèrent aller sous son menton, contre sa mâchoire, dans sa nuque. Je t’aime, il pouvait le comprendre dans son regard. Il avait besoin de l’entendre, mais il savait que Gael ne voulait pas le brusquer. Alors Alexis allait le lui dire contre sa bouche, sans un mot, mais avec ses lèvres et sa langue. Gael poussa un peu contre sa nuque, comme à son habitude. Il voulait le garder là. Mais ce baiser n’avait rien de la fougue habituelle de Gael. Il était doux, il réparait leur âme. Pendant qu’il l’embrassait, Alexis ferma les yeux, fort, pour empêcher les larmes de couler mais c’était peine perdue. Il ressentait trop de choses, les sentiments inondait son cœur et son corps, pour ne laisser qu’une chose trop faible entre les bras de Gael. Les larmes glissèrent contre sa joue, et il sentit le pouce de Gael en écraser une. Alexis poussa un peu plus sa bouche contre celle de son frère. Même si je pleure, ne me lâche pas. Il ne voulait pas que Gael arrête le baiser, il avait besoin que ça sorte. Et Gael le suivit, sa main dans son dos le caressa dans toute sa longueur. Le soulagement envahissait Alexis, mais aussi la peur, et d’autres sentiments qu’il ne comprenait pas bien. Bientôt, le baiser pris un goût salé des larmes du danseur, et c’est à cet instant qu’il se recula, doucement. Gael glissa sa main sur la joue de son frère. « Je t’aime. » Souffla Alexis. Il se sentait encore plus vulnérable de le dire, même si ce n’était qu’un souffle, lâché si peu fort qu’il se demandait si Gael pouvait l’entendre. Il l’avait entendu, le brun essuya les larmes son son autre joue. « Je t’aime. » Souffla-t-il en le regardant dans les yeux.

Et pour la première fois depuis des jours, un léger sourire étira les lèvres du plus jeune.
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MessageSujet: Re: ( danse macabre )   Ven 12 Fév - 0:07

Ils restèrent longtemps enlacés, avant qu’Alexis ne s’éloigne. Il n’arrivait plus à supporter la proximité physique, son corps demandait de la liberté et il la lui donnait en s’éloignant de Gael. Il ne dit rien, sortit une main de sous sa serviette et se sécha les larmes alors qu’il s’éloignait vers la chambre. « Hey, Alex… » Souffla Gael dans son dos. Pourquoi est-ce que le danseur agissait de manière si inhabituelle ? Il ne le connaissait pas comme ça. Il ne l’avait jamais vu come ça. Dès qu’Alexis avait un problème, il en parlait à Gael. Il n’avait jamais eu de soucis pour s’ouvrir à son double, alors pourquoi ce soir le faisait-il ? Il s’était complètement refermé, et l’aîné ne comprenait rien. Il se sentait mis à l’écart, et il avait du mal à le supporter, alors que c’était l’évidence même qu’Alexis n’allait pas bien. Le plus jeune posa la serviette sur le dossier d’une chaise et enfila un simple boxer pour dormir. Gael cru qu’il allait s’arrêter là, ils ne portaient jamais grand chose quand ils dormaient. Mais non, Alexis alla fouiller dans une armoire, et Gael pu l’observer. Il vit d’autres hématomes, sur son corps. Dans son dos, sur ses bras. Il s’approcha et glissa ses doigts sur le dos d’Alexis, ce qui le fit sursauter et s’éloigner d’un bond. « Ne refait plus ça ! » C’était sortit tout seul, son regard était voilé d’une haine qui ne s’y trouvait pas quelques secondes auparavant. La colère avait finalement gagnée le corps du danseur. Il avait évacué un peu de tristesse, grâce à l’étreinte de Gael, mais il y avait tout le reste, plein de sentiments qui se battaient pour être le dominant dans le cerveau du plus jeune. « Depuis quand est-ce que tu n’aimes pas que je te touche, Alex ? » Sa voix était douce, mais il y avait de la fermeté, aussi, dans cette question qui n’en était pas vraiment une. Alexis avait toujours eu besoin de son touché, comme une plante a besoin d’eau pour vivre. « Tu… Tu m’as surpris. » C’est ça, d’habitude, Alexis se serait collé à ses doigts, au lieu de fuir.

Gael glissa ses doigts sur son visage, visiblement désemparé. « Alex… » Un souffle, encore. Il y avait de l’impatience, là dedans, et puis autre chose. « Tu peux tout me dire, tu le sais très bien. » Le jeune homme enfila le t-shirt qu’il avait pris, un vieux t-shirt de Gael, d’ailleurs. Il aimait bien porter ses vieux vêtements, son odeur y était imprégnée et Alexis se sentait plus proche de lui, constamment. Proche sans l’être physiquement, ce qui était l’idéal, en ce moment. « Me force pas… » Gael alla s’asseoir sur le lit. Alexis l’imita, pas vraiment proche de lui, il replia une jambe sous lui et s’installa avec la grâce qui incombait à son statut de danseur. Gael ne le sentit même pas s’asseoir sur le lit, tellement il s’y posait avec légèreté. « Je veux t’aider. » Souffla Gael en tendant la main. Alexis hésita, et puis il posa sa main sur la sienne. Il tremblait, à nouveau. La peur l’envahissait tout entier, elle semblait avoir pris ses quartiers dans son esprit et son corps. Elle faisait s’agiter ses cellules et trembler son corps. « Je vais m’occuper de ça. » Fit Gael avant de se lever et de lâcher la main d’Alexis. Il revint avec du désinfectant et quelques pansements. Encore une fois, il prit la main de son jumeau et s’appliqua à soigner les égratignures d’Alexis. « Je t’ai pas écouté. » Avoua Alexis alors que Gael s’occupait de la seconde main. Gael continua, il espérait qu’Alexis continuerait de parler, lui aussi, si il ne l’interrompait pas. « J’ai pas fais attention… C’est ma faute. » Il serra le poing, mais Gael glissa ses doigts entre les siens et tira sa main à lui, alors qu’Alexis allait la récupérer. « Qu’est-ce qui est ta faute, Alex ? » Gael ne s’occupait plus de sa main, même si il la tenait toujours. Il le regardait, lui. « Les hommes. Ils… Ils parlaient, il me parlaient et… » Gael serra les doigts de son frère, en l’écoutant. « Je les avais pas entendu, parce que j’écoutais de la musique. » Alexis regardait le sol, et Gael regardait Alexis, essayant de déchiffrer son expression mais Alexis agissait si bizarrement ce soir-là, que Gael ne comprenait pas bien ce qu’il se passait dans la tête de son double. « Et puis, entre deux musiques, je les ai entendu, alors je leur ai demandé ce qu’ils avaient dit… » Gael soupira, c’était plus fort que lui. « Oh Alex… » Il se dégagea, et alla se recroqueviller contre les coussins, il tenait ses genoux et une de ses mains alla glisser contre son crâne. « Je sais ! Ils étaient deux j’ai… Ils m’ont même pas volé. J’ai cru que c’était ce qu’ils voulaient faire… » C’est à ce moment-là que Gael comprit. Pourquoi est-ce que son autre refusait qu’il le touche. Pourquoi est-ce qu’il agissait si bizarrement. Les longues minutes sous l’eau. Les hématomes sur ses joues. « J’ai pas su réagir. » Les larmes coulaient encore, il était persuadé que ses yeux finiraient tout sec, à force. Alexis eut un léger grognement de rage, alors qu’il enfouissait sa tête entre son buste et ses genoux, dans ses bras. « C’est pas ta faute, Alexis. » Il s’approcha, doucement. Il avait peur de le brusquer, maintenant qu’il avait comprit. Il n’osait plus le toucher, il leva la main pour la poser sur son bras, mais se ravisa. Il serra le poing à la place, alors qu’une colère comme il n’en avait jamais éprouvé auparavant vint l’envahir tout entier.
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MessageSujet: Re: ( danse macabre )   Ven 11 Mar - 13:11

Rester avec Gael était devenu difficile, pour Alexis. Il ressentait trop de culpabilité, trop de colère aussi de la part de Gael. Alexis savait que cette colère n’était pas du tout dirigée contre lui, mais il la ressentait et c’était difficile de penser que Gael n’était pas, même un peu, en colère contre lui. Alexis culpabilisait de ce qui lui était arrivé, persuadé que c’était en partie de sa faute, il n’en avait pourtant pas parlé à son double. Il se taisait beaucoup, bien plus que d’habitude et Gael avait senti ce changement dans le comportement de son autre. Il savait aussi que le brusquer ne servirait à rien, surtout avec Alexis. Alexis était comme un animal sauvage, qu’il fallait traiter avec douceur et tact. Mais l’animal réclamait sa liberté, et Gael ne pouvait se résoudre à le garder près de lui contre sa volonté.

Sans qu’il s’en aperçoive, Alexis faisait autant de mal à Gael qu’il avait mal lui-même. Il avait besoin de s’éloigner, il était persuadé que Gael ne le voyait que comme un être mutilé, souillé de l’intérieur, dont l’âme était salie et indigne. Il ne comprenait pas que son autre voulait juste lui laisser de l’espace, et ce qu’il prenait pour du dégoût était en fait une manière peut être un peu maladroite de lui laisser l’opportunité et le temps de revenir vers lui à son rythme. A la place, Alexis s’affranchissait plus encore de son frère. Le jeune danseur s’était lancé dans de nouveaux projets, au théâtre. Même si il était difficile d’être regardé et jugé sur les performances de son corps ; la danse restait sa passion, et il ne voulait pas s’empêcher de la vivre pleinement. S’il pouvait retourner sur les planches et afficher un sourire, c’était grâce, entre autre, à sa partenaire : Aleya. Une danseuse plus âgée que lui, mais qui était au même niveau. Elle rêvait de devenir danseuse étoile, et se préparait au concours à chaque nouvel appel. Elle l’avait déjà passé deux fois, sans succès, et entre temps Alexis s’était hissé à son niveau. Aujourd’hui, ils dansaient ensemble encore une fois, dans une pièce qu’ils avaient réservée pour tout l’après-midi. Les rumeurs courraient sur eux, disait-on, mais Alexis ne s’en préoccupait pas.

La vérité était que rester avec Aleya était comme prendre une bouffée d’air frais. Elle ignorait ce qu’il avait vécu, et elle ne le saurait jamais. Elle ne le regardait pas avec cette pitié au fond des yeux, elle osait le toucher, même si parfois il reculait sous ses mains, même si c’était encore difficile d’accepter qu’un autre être humain pose ses mains sur lui. Aleya était douce, elle glissait ses bras autour de son cou, et l’attirait à elle. Alexis souriait dans leurs étreintes, jusqu’au jour où elle glissa aussi ses lèvres contre les siennes. Surpris, au départ, Alexis ne bougea pas. Il la laissa faire, avant d’ouvrir la bouche, d’aller la chercher, de pincer sa lèvre inférieure comme il l’avait fait cent fois avec Gael. La réaction de la brune ne se fit pas attendre. Elle colla tout son corps contre le sien, et ses doigts allèrent griffer doucement son crâne, alors qu’elle le faisait rester là. Qu’elle le forçait presque à rester là, ce qui donna comme réaction au danseur de la repousser presque violemment. « Pardon. » Souffla-t-il en se retournant pour prendre son sac, dont il passa la sangle autour de son torse. « Je dois y aller y’a… Hm, mon frère m’attend. » Il s’échappa de la pièce rapidement et dévalla les escaliers presque quatre à quatre pour ne s’arrêter que dans les vestiaires, le souffle court. Ce n’était pas le baiser qui l’avait dérangé – ça faisait longtemps qu’on ne l’avait pas embrassé comme ça, sans avoir peur de l’être fragile qu’il était – mais plutôt comment elle l’avait aggripé. Comment ses ongles s’étaient presque enfoncés dans sa peau, pour le forcer à rester là. Alexis avait du mal à reprendre sa respiration, il dut attendre quelques secondes avant de pouvoir se changer et partir.
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Lise



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MessageSujet: Re: ( danse macabre )   Jeu 17 Mar - 0:37

« Tu lui as dis ! » La porte claque, un cadre tremble sur le mur et Alexis jette ses clés sur le meuble de l’entrée, alors qu’il se dirige vers le salon. « Il fallait que tu gaches ça hein ! » Gael est dans le salon, il tient quelque chose entre ses mains, un petit objet, qu’il semble recouvrir d’une couche de verni. Alexis n’y fait pas attention, pas plus que toutes les autres fois. Il vient se planter en face de lui. « Si tu dois sortir avec elle, tu aurais du lui en parler. » La voix de Gael est étrangement calme, mais Alexis se doute que c’est parce qu’il est occupé à travailler. D’ailleurs, Alexis ne l’avait plus vu travailler autant depuis quelques temps. « C’était mon droit de le faire ou pas ! Je peux pas être heureux hein ?! Il fallait que tu lui dises ! » Gael pose sa pièce sur la table basse, il referme le verni et, finalement, il se lève et s’approche d’Alexis. Avec cet air menaçant qui a toujours légèrement effrayé le plus jeune. « Tu voulais mentir, Alex ? » Le danseur n’ose pas confirmer, il sait que Gael n’approuve pas le mensonge mais c’était la meilleure solution, selon lui. « Pourquoi tu casses tout !? » C’était les mots de trop. Gael attrapa sa veste et ses clés, abandonné quelque part sur la table à manger.

« Je voulais juste que tu sois heureux, mais toi t’en as rien à foutre de ce que je peux ressentir, hein ?! » Et la porte claque avant même que le danseur ne puisse ouvrir la bouche. Alexis reste interdit pendant quelques secondes. Puis, sans réfléchir, il attrape ses clés sur le meuble du hall d’entrée, et sort de l’appartement à la suite de son frère jumeau. Il est sur le pallier du dernier étage quand il entend, tout en bas, la porte de l’immeuble claquer. Alexis court dans les escaliers, il dévale les marches presque quatre à quatre et manque de tomber plusieurs fois. A chaque étage, il saute les dernières marches pour aller plus vite. A peine est-il sortit de l’immeuble, qu’il voit Gael disparaitre derrière un virage. Alexis court, littéralement il lui court après. Le danseur a une bonne condition physique, ses foulées sont longues et il rejoint bientôt son frère, dans une ruelle un peu sombre, qui fait remonter des souvenirs désagréables le long de son échine. Mais il n’a pas le choix, n’est-ce pas ? C’est Gael, il ne peut pas le laisser lui filer entre les doigts. Même si il pensait l’avoir perdu, il ne pouvait pas supporter de le perdre pour de vrai. Dans tous les sens du terme. De le voir quitter leur appartement, le seul endroit où ils pouvaient s’aimer librement. Alexis s’approche et pose une main sur son épaule.

« S’il te plait ne me quitte pas. » Gael se dégage, un peu trop fermement pour que le geste n’agisse pas comme une lame que l’on aurait plantée en plein dans le cœur du plus jeune. Alexis retire sa main, et il sert le poing contre son flanc. « Ce n’est pas moi qui aie pris cette décision, Alexis. » Il s’est retourné, et son regard transperce l’âme d’Alexis. Il sait qu’il peut voir à travers lui, derrière cette enveloppe corporelle qu’ils partagent. Il peut voir plus loin, voir directement dans son âme et savoir ce qu’il s’y passe. « Gael… » L’autre recul, il secoue la tête. « Je croyais que tu voulais être heureux avec quelqu’un qui ne sait pas tout de toi… Moi je sais tout, Alex ! » Alexis glisse ses doigts sur son front, et puis dans ses cheveux, le jeune homme sait que tout se joue maintenant. Si il est assez doué de ses mots, il pourra retourner chez eux avec Gael. Alors qu’il réfléchit à ce qu’il va dire, il sent une goutte de pluie tomber sur ses doigts. Puis une seconde, et bientôt, la pluie se fait de plus en plus drue. « Je pensais que tu ne voulais plus de moi. » Gael a l’expression qu’il a souvent quand Alexis commence à lui parler de danseurs qu’il admire, ou de compositeurs qui l’aident à se concentrer sur certains pas ou certains courants de danse classique. Gael n’y connaît pas grand chose, alors quand Alexis parle de ça… Il ne comprend rien, comme maintenant. « Tu me touches à peine ! Je pensais que je te dégoûtais. C’est pour ça que je peux plus être avec toi… Mais j’ai toujours besoin de toi, Gael. » La pluie bat le sol avec force, et ils sontcomplètement trempés. Gael avait eut la présence d’esprit de prendre sa veste, mais Alexis n’avait pas eu le temps de récupéré la sienne. Il faisait chaud, en cette soirée d’été, mais la pluie était souvent présente, après les grosses chaleurs. « Tu peux pas me quitter, je peux pas vivre sans toi. » La pluie sur son visage camoufle ses yeux devenus brillant, mais encore une fois, Gael voit en lui. Et un seul regard vers son double lui confirme ce que son instinct et son corps lui dictent de faire : il s’approche d’un pas, rapidement, presque violemment et oublie qu’ils sont dans une ruelle, à Paris. Il attrape sa nuque, et plaque sa bouche contre celle d’Alexis.

Le danseur a le réflexe de réagir assez vite, il pose ses mains sur les hanches de son frère, et l’attire à lui. Il ouvre la bouche, pour glisser sa langue contre les lèvres de Gael, puis dans sa bouche, alors que celle de Gael vient jouer contre la sienne. Alexis perd son souffle dans ce baiser, comme d’habitude. Ses mains se glissent dans son dos, et ses bras l’encerclent rapidement, il le serre là. Gael s’éloigne de sa bouche, il tient toujours son visage entre ses mains. « Qu’est-ce que tu veux, à la fin ? » C’est un souffle, glissé sur les lèvres de son autre. « Tu peux pas jouer avec moi comme ça. » Alexis le serre davantage, il avance le visage, cherche à obtenir un baiser que Gael lui refuse. « C’est toi que je veux. Toi, juste toi. » Il se bat contre les mains de Gael, il avance le visage plus encore et fini par atteindre ses lèvres, et il le tire à lui. Il mord sa lèvre inférieure, il va chercher sa bouche, il colle son corps au sien, et entre deux mouvements de bouches, Gael souffle. « J’ai envie de toi. » Alexis souffle contre ses lèvres, il a perdu son souffle, déjà. Une de ses mains bouge, vient se caler contre le crâne de Gael et il le regarde dans les yeux. « On rentre. »

A peine passent-ils la porte de l’appartement, qu’Alexis se débarasse de son t-shirt trempé. Il le jette quelque part au sol, alors que Gael a retiré sa veste. « Si t’as envie de moi, aime moi comme si tu ne savais pas, comme si t’avais jamais su. » Gael sait de quoi Alexis parle, et il ne lui faut pas beaucoup plus de temps de réflexion pour plaquer Alexis contre le mur du salon. Presque violemment, il lui arrache un baiser fait de morsures et colle son corps au sien. « T’es sûr que tu veux vraiment de moi ? J’ai pas l’imp… » Gael plaque à nouveau sa bouche contre la sienne pour le faire taire, et ses doigts glissent contre son torse humide, entre eux. Jusqu’à son pantalon, il griffe tout son torse et puis ses doigts arrachent presque la ceinture. Alexis tremble légèrement et Gael le sent, il s’arrête. « T’es sur ? » Alexis n’en peut plus de cette hésitation, c’est celle qui l’a fait s’éloigner, c’est celle qui lui a fait peur que les sentiments de Gael ne soient plus aussi vrais et forts que les siens. Alexis glisse un baiser sur contre sa mâchoire, puis contre son oreille. Il lui mord le lobe, et glisse. « Oui, certain, continue. »
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